Salle à tracer, Nantes

Maîtrise d’ouvrage
Jacques Fétis – SCI CRUCY

Maîtrise d’œuvre
Architecte : AIA Architectes
Ingénierie TCE + l’économie : AIA Ingénierie
Expertise environnementale : AIA Environnement
OPC : AIA Management

Programme
Réhabilitation et extension de la Salle à tracer (1915) des anciens chantiers navals Dubigeon pour accueillir l’agence d’architecture et d’ingénierie AIA Life Designers.
250 postes de travail collaboratif pour faire ensemble, toutes disciplines confondues, de l’architecture partagée.

Surface(s)
2 770 m² de surface de plancher répartis sur trois niveaux (RDC, +1 et +2) : 2 310 m² dans l’existant / 460 m² dans l’extension

Coût
6 M€ (coût travaux hors mobilier)

Calendrier
Livraison janvier 2017

Certifications, distinctions
Certification HQE Bâtiments Tertiaires, RT 2012 – 50 %
Certification HQE Excellent
Prix National de la Construction Bois 2018, dans la catégorie « Réhabiliter un équipement »

Le bâtiment Salle À Tracer s’inscrit dans le contexte de bord de Loire chantenaysien. Par sa forme allongée, il s’ouvre largement sur son milieu d’accueil, multipliant par son grand linéaire de façade, son interface avec les grands agents climatiques que sont le soleil, le vent et l’eau.

Cette prégnance signe sa qualité d’inscription que le projet vient conforter ; voir la Loire depuis les

multiples fenêtres, laisser rentrer le soleil ou s’en protéger selon les saisons, capter le courant d’air fluvial et tirer parti de l’énergie thermique du fleuve, autant de dispositions pour une architecture bioclimatique.

Boite dans la boite. Afin de préserver l’écriture béton originelle, le bâtiment «chauffé, clos et couvert» se glisse à l’intérieur de la structure existante. Par son enveloppe autonome et performante, il minimise les ponts thermiques, s’isole du chaud et du froid et se rend étanche aux entrées d’air intempestives.

Lumière naturelle. L’ergonomie d’usage pour une situation de travail qualitative en tous points du bâtiment implique un réel confort visuel, cible de la certification HQE. De faible épaisseur (13 mètres), le bâtiment réhabilité diffuse un maximum de lumière par le systématisme des baies, le choix de vitrages hauts pour éclairer en profondeur, la ponctuation des puits de lumière en toiture mais aussi la «faille de lumière», ligne symbolique de l’extension greffée à l’existant.

Protection solaire. En façades Est et Ouest, les châssis «respirants» (double vitrage côté intérieur plus lame d’air protégée d’une vitre extérieure et intégrant un store vénitien) permettent de contrôler efficacement ces orientation solaires intrusives. En pignon Sud, la perspective sur la Loire appelle, été comme hiver, à une grande transparence visuelle. Pour résoudre l’insolarisation et la surchauffe thermique, la façade utilise le verre électrochrome dont le flux électrique vient moduler l’opacité par régulation de la transmission lumineuse.

Ventilation naturelle. Couloir de vent, la Loire constitue un potentiel aéraulique «gratuit et renouvelable». Exposé aux vents d’Est ou Ouest, le bâtiment facilite l’écoulement traversant et sans obstacles des courants d’air et favorise le free cooling nocturne. A forts apports internes, les plateaux de bureaux sont logiquement implantés en façade Ouest pour profiter au maximum des vents dominants de mi saison et d’été ; les bureaux individuels s’implantent quant à eux, en façade Est.

Enveloppe. Le bâtiment Salle A Tracer est littéralement « désossé ». « Sa structure est mise à nu », ne retenant que les dispositifs porteurs, le plancher classé du N+2 et se débarrassant ainsi de tous les oripeaux inutiles, obsolètes ou inadéquats au regard de l’exigence de performance du cadre bâti dans un XXIème siècle « éco-durable ».

Pour le projet, la dialectique constructive est simple. Elle associe au processus de réhabilitation patrimoniale, la nécessité de projeter un bâtiment dont l’enveloppe, à travers une grille multicritère (chaleur, lumière, bruit et air), doit répondre à des prérogatives d’esthétique, de pérennité, d’économie d’énergie et de confort pour l’habitant. Au-delà du cadre normatif (RT 2012) et pour donner plus de sens au projet, le maître d’ouvrage Jacques Fétis a souhaité l’inscrire dans une démarche de certification Haute « NF Bâtiments tertiaires et démarche HQE » qui interroge notamment la stratégie énergétique  du bâtiment et la performance de son enveloppe.

L’enveloppe est une interface entre différents milieux. Elle est pour l’architecte « une surface de contact entre le bâtiment et la ville », pour l’ingénieur thermicien « une zone de transition entre une ambiance intérieure et un environnement extérieur » et pour l’habitant « une source de confort visuel et thermique mais aussi un signal esthétique propice à l’appropriation de son cadre de vie ».

Ici, par un dispositif de « boite dans la boite » l’enveloppe se fait intérieure afin de préserver l’écriture béton originelle. Le bâtiment « chauffé, clos et couvert » dont la limite périphérique comprend la toiture, les façades et le plancher RDC, se glisse à l’intérieur de la structure existante. Par son enveloppe autonome, il minimise les ponts thermiques, s’isole du chaud et du froid et se rend se rend quasi imperméable à l’air avec un objectif Q4 < 1,2 m3/h/m².

En termes de transmission thermique, quelques chiffres pour illustrer la performance de l’enveloppe. Façade, parties opaques : U= 0,28 W/m².K grâce la combinaison du triptyque isolant réparti sur une épaisseur de 28 cm ; parties transparentes : U= 1,4 W/m².K en moyenne // Toiture : U= 0,14 W/m².K // Plancher sur terre-plein : U= 0,20 W/m².K

A noter, l’utilisation massive du bois dans la fabrication des « caissons supports », de l’isolation sous forme de fibre haute densité ou souple et d’une filière de recyclage de vêtements (isolant Métisse).  

Enfin, associé aux ensembles menuisés en aluminium aux tonalités grises, « le zinc vient constituer l’épiderme ultime de l’enveloppe »  pour sa plasticité de mise en oeuvre, sa résistance au temps, sa capacité à capter la lumière et sa connotation industrielle, évocatrice des anciens chantiers navals.

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