Projet de recherche « design » séparation à la source

La séparation à la source : une réponse aux micropolluants ?

Nos stations d’épuration ne sont pas conçues pour traiter efficacement les micropolluants. C’est le constat posé par une étude de l’INRAE publiée dans Water Research (janvier 2021) et relayée par Le Monde. En France, plus de 147 tonnes de micropolluants sont ainsi rejetées chaque année dans les milieux aquatiques, malgré le traitement de près de 5 milliards de m³ d’eaux usées.

Que sont les micropolluants ?

Présents à des concentrations extrêmement faibles – du picogramme au microgramme par litre – ces composés ont pourtant des effets significatifs sur les écosystèmes et potentiellement sur la santé humaine.

Ils regroupent notamment :

  • résidus pharmaceutiques,

  • additifs de détergents et cosmétiques,

  • produits phytosanitaires,

  • métaux, hydrocarbures et autres composés industriels.

L’étude s’est concentrée sur 261 micropolluants organiques. Si la toxicité d’une grande partie d’entre eux reste encore mal connue, un nombre restreint de molécules explique à lui seul l’essentiel des impacts observés sur les écosystèmes et la santé humaine.

Agir à la source

Face à ce constat, la première réponse consiste à réduire ces pollutions à la source. Mais pour certains usages difficilement substituables – notamment les médicaments – une autre approche émerge : le traitement ciblé des urines et des matières fécales.

En effet, l’organisme humain excrète une part importante des résidus médicamenteux. Or nous produisons environ 1,5 litre d’urine par personne et par jour, contre 150 litres d’eaux usées. Traiter spécifiquement ce flux concentré serait bien plus efficace et sobre en énergie que de dépolluer l’ensemble des eaux usées diluées.

Séparer pour mieux valoriser

La séparation à la source des urines présente un double avantage :

  • Réduction des micropolluants dans les rejets vers le milieu naturel,

  • Valorisation des nutriments (azote, phosphore, potassium) contenus dans les urines.

Après traitement des résidus médicamenteux, ces nutriments peuvent être transformés en fertilisants agricoles, contribuant ainsi à une logique d’économie circulaire et de souveraineté des ressources.

Vers l’assainissement de demain

En participant au projet DESIGN, Le Sommer Environnement (actuel AIA Environnement) a exploré ces nouvelles approches d’assainissement, à la croisée de la qualité des milieux aquatiques, de la transition écologique et de l’adaptation au changement climatique.

Penser l’assainissement autrement, c’est dépasser la logique du “tout à l’égout” pour concevoir des systèmes plus sobres, plus circulaires et plus protecteurs des écosystèmes.